Cancer de l’anus

Le cancer de l’anus est un type de cancer relativement rare. Il s’agit d’une tumeur maligne qui se développe dans le canal anal. Les symptômes, par exemple la présence de sang dans les selles, sont souvent non spécifiques et peuvent également apparaître dans le cadre d’autres maladies. Les papillomavirus humains (HPV) sont souvent impliqués dans le développement du cancer de l’anus.

Aperçu général : Qu’est-ce que le cancer anal ?

Le cancer anal invasif peut être guéri chez un grand nombre de patients, surtout s’il est diagnostiqué tôt et si les tumeurs sont petites. Le cancer de l’anus est généralement traité par une combinaison de chimiothérapie et de radiothérapie, qui est expliquée plus en détail dans la section « Traitement ». On peut s’attendre à une régression complète de la tumeur chez 80 à 90 % des patients.

Chez les personnes atteintes d’un cancer anal, une tumeur maligne se forme dans le canal anal. Ce canal anal correspond à une section de quelques centimètres de long qui relie l’intestin à l’anus. Les synonymes du cancer anal sont les termes carcinome anal ou carcinome du canal anal.

Parfois, le cancer se forme également à l’endroit où le canal anal se raccorde à la peau de l’anus. Les médecins appellent ce type de cancer le carcinome de la marge anale. Bien que le cancer de l’anus fasse partie du groupe des tumeurs du côlon, il possède quelques caractéristiques différentes de celles du cancer du rectum ou du côlon.

Cancer anal et cancer colorectal – les différences

Il existe quelques différences entre un cancer anal et un cancer du côlon. Tout d’abord, les deux types de cancer partent généralement de types de cellules différents. Un pathologiste peut facilement identifier ces différences au microscope.

Les cellules cancéreuses anales possèdent généralement les caractéristiques de ce que l’on appelle un carcinome épidermoïde (un type de cancer de la peau). Le cancer se développe généralement à partir des cellules de la peau ou des muqueuses. La majorité des personnes atteintes d’un cancer anal ont un carcinome épidermoïde. D’un point de vue médical, le cancer de la marge anale est également une tumeur maligne de la peau. Le cancer du côlon, quant à lui, trouve son origine principalement dans le tissu glandulaire. Il fait donc partie du groupe des adénocarcinomes.

Cancer anal – fréquence et âge

Le cancer de l’anus est un type de cancer rare par rapport à d’autres cancers tels que le cancer du sein, de la prostate, du côlon ou du poumon. On estime que seulement 200 personnes en sont atteintes chaque année en Suisse. Le carcinome anal représente moins d’un pour cent de toutes les maladies cancéreuses. Le cancer anal touche nettement plus souvent les femmes que les hommes : 70 pour cent contre 30 pour cent. Environ la moitié des personnes concernées ont entre 50 et 69 ans au moment du diagnostic. Environ 40 pour cent ont 70 ans et plus.

Cancer anal : les causes sont souvent des virus HP

Les virus sont la cause principale du cancer anal, qui est donc considéré comme une infection virale chronique. Les responsables de ce cancer sont les papillomavirus humains (HPV). Chez la plupart des personnes, le cancer de l’anus est dû à une infection par des virus HPV. L’infection se produit généralement lors de rapports sexuels. L’infection à HPV fait partie des maladies sexuellement transmissibles (MST).

Il existe différents types de papillomavirus humains, plus ou moins agressifs et dangereux :

  • Les types à haut risque : En font par exemple partie l’HPV 16 et l’HPV 18. Les deux jouent également un rôle décisif dans le cancer du col de l’utérus ou du pénis.
  • Les types à faible risque : Ce groupe comprend par exemple l’HPV 6 ou l’HPV 11. Ils provoquent en premier lieu des verrues génitales qui sont certes bénignes, mais extrêmement désagréables. Ils n’augmentent guère le risque de cancer.

Outre ces infections chroniques de la région anale, d’autres facteurs de risque jouent un rôle. En voici quelques exemples :

Un système immunitaire affaibli, par exemple en cas d’infection par le VIH ou après une transplantation d’organe.
Des facteurs mécaniques (p. ex. pression, frottement) peuvent solliciter la région anale et l’endommager avec le temps. Par conséquent, des fistules anales ou des fissures anales peuvent se former. Les fistules sont des passages non naturels dans les tissus qui n’y ont pas vraiment leur place. Ces connexions en forme de tuyaux relient les tissus et les organes entre eux. Les fissures sont en revanche de petites fissures dans la peau ou la muqueuse. Typiquement, elles provoquent des douleurs considérables.

Contrairement au cancer de l’intestin, ni le mode de vie ni les maladies intestinales existantes (p. ex. maladie de Crohn, colite ulcéreuse) ne semblent être impliqués dans le carcinome anal. Dans le cas du cancer de l’intestin, un régime alimentaire malsain, riche en graisses et pauvre en fibres, mais aussi des polypes intestinaux sont considérés comme des facteurs de risque.

Les symptômes : Le cancer anal souvent sans signes clairs

Le cancer anal n’est pas facile à reconnaître, car les symptômes sont plutôt non spécifiques et peuvent également être présents dans d’autres maladies (bien plus bénignes). Il s’agit par exemple des hémorroïdes, dont souffrent de nombreuses personnes. Une fissure anale peut également s’accompagner de symptômes similaires.

Les signes suivants peuvent indiquer un cancer anal :

  • Selles : présence de sang ou de taches de sang – il faut toujours consulter un médecin.
  • douleurs lors de la défécation
  • démangeaisons ou douleurs dans la région anale
  • sécrétions de mucus par l’anus
  • modifications de la peau, durcissement
  • Irrégularités lors de la défécation
  • Selles de forme particulière : entailles ou « selles crayon » fines
  • Les selles ne peuvent pas être suffisamment contrôlées – une incontinence fécale est possible. Les selles s’échappent alors involontairement et sans que l’on s’en rende compte.
  • Ganglions lymphatiques gonflés dans la région de l’aine

Ces symptômes ne cachent pas nécessairement un cancer anal. N’hésitez pas à consulter rapidement votre médecin de famille si vous constatez de tels troubles. Il ou elle pourra déterminer ce qui se cache réellement derrière.

De manière générale, plus le médecin détecte le cancer tôt, plus il est facile de le traiter et plus les chances de guérison sont élevées.

Diagnostic

 

Diagnostic du cancer anal – ce que nous faisons

Le diagnostic commence toujours par un entretien avec votre médecin sur vos antécédents médicaux (anamnèse). Vos réponses aux questions suivantes (et à d’autres) lui fournissent déjà les premières indications sur ce qui pourrait être à l’origine des troubles :

  • Quels sont exactement vos symptômes ? Par exemple, du sang dans les selles, des problèmes pour aller à la selle.
  • Quand les troubles sont-ils apparus pour la première fois et quelle est leur intensité ?
  • Avez-vous des antécédents de maladies dans la région anale, par exemple des fissures anales ou des fistules anales ?
  • Des infections sont-elles connues ?
  • Souffrez-vous d’autres maladies sous-jacentes ? Si oui, lesquelles ?

Si l’on soupçonne un cancer anal, d’autres examens suivront. Il s’agit entre autres de :

  • Le toucher rectal digital (DRU, palpation) : On palpe le canal anal avec le doigt. Cela permet souvent de déceler des anomalies.
  • Rectoscopie (examen du rectum) : Nous examinons le rectum et généralement aussi les derniers centimètres de l’anus.
  • Coloscopie : Nous introduisons dans l’intestin un instrument flexible équipé d’une caméra. Elle fournit des images de l’intérieur de l’intestin. Les modifications peuvent être facilement identifiées par la coloscopie.
    Prélèvement de tissus (biopsie) : Si la suspicion de cancer anal s’est confirmée, une biopsie est effectuée. On prélève alors du tissu dans la zone suspecte. La plupart du temps, les cellules peuvent déjà être prélevées dans le cadre de la coloscopie. Un pathologiste analyse ensuite le tissu prélevé en laboratoire sous le microscope. Il est facile de distinguer les cellules bénignes des cellules malignes. Le diagnostic de cancer anal peut être posé avec certitude sur la base de l’échantillon de tissu.

Déterminer le stade du cancer anal

Une fois le diagnostic de cancer anal posé, nous déterminons la propagation et le stade de la tumeur. Le terme anglais « staging » désigne cette étape. Pour le traitement, il est en effet extrêmement important de savoir si le cancer est encore localisé ou s’il s’est déjà propagé aux ganglions lymphatiques ou à d’autres organes. La classification TNM est utilisée au niveau international :

  • T = tumeur : il existe les stades T1 à T4 ; plus la tumeur est grosse, plus le chiffre derrière le T est grand.
  • N = ganglion lymphatique (en anglais : node) : Des cellules cancéreuses sont-elles détectables dans les ganglions lymphatiques (métastases ganglionnaires) ? Si oui, le cancer est déjà parti en « migration ».
  • M = Métastases : Le cancer s’est-il déjà propagé à d’autres organes ou y a-t-il formé des colonies (métastases à distance) ?

Les examens suivants nous aident à déterminer le stade de la maladie :

  • Échographie (sonographie) : Nous examinons le bassin de l’extérieur à l’aide d’une sonde à ultrasons. Il existe également une échographie de l’intestin (de l’intérieur, endosonographie).
  • Imagerie par résonance magnétique (IRM ou imagerie par résonance magnétique) : Cette méthode utilise des champs magnétiques puissants et produit des images en coupe dans différents plans. Le corps est enregistré en « tranches ». Une IRM rend les structures molles (tissus, organes) particulièrement bien visibles. Elle permet également de détecter des métastases.
  • Tomodensitométrie (CT) : cet examen d’imagerie utilise les rayons X. Les radiologues produisent ici – comme pour l’IRM – des images en coupe à haute résolution.
  • PET-CT : nous utilisons la tomographie assistée par ordinateur en combinaison avec des marqueurs métaboliques qui peuvent représenter de manière ciblée des foyers cancéreux.

Cancer de l’anus : prévention, dépistage, pronostic

Dans le cas du cancer de l’anus, ce sont souvent des papillomavirus humains qui sont à l’œuvre. Et vous pouvez les attraper lors de rapports sexuels. Il n’existe toutefois pas de protection à 100 % contre la contamination. Dans une certaine mesure, vous pouvez vous prémunir en prenant les mesures suivantes :

  • Vaccination contre le HPV : elle protège efficacement contre les variantes de HPV les plus dangereuses et peut ainsi réduire le risque de cancer anal. La vaccination contre le HPV réduit en outre le risque de cancer du col de l’utérus, de cancer du pénis ou de tumeurs malignes dans la bouche et la gorge. La vaccination est recommandée pour les filles, les jeunes femmes, les garçons et les jeunes hommes en Suisse.
  • Utilisez des préservatifs lors de vos rapports sexuels. Ils protègent non seulement d’une grossesse non désirée, mais aussi de nombreux agents pathogènes et maladies vénériennes.
  • Veillez à une hygiène minutieuse de la zone intime. N’oubliez pas non plus la région anale.
  • Soyez prudente avec les pratiques sexuelles qui peuvent blesser et endommager la région anale. Sinon, utilisez du lubrifiant pour protéger la muqueuse sensible.

Par ailleurs, il existe quelques examens de dépistage du cancer. L’objectif est de détecter un éventuel cancer le plus tôt possible. Ces examens ne peuvent toutefois pas prévenir un cancer. En Suisse, les citoyens peuvent participer au dépistage du cancer de l’intestin à partir de l’âge de 50 ans. Ce programme comprend un test de sang dans les selles tous les deux ans ou une coloscopie tous les dix ans. Les caisses d’assurance maladie prennent en charge les coûts de ces examens. Dans le cadre du dépistage du cancer colorectal, il est également possible de détecter un cancer anal. Demandez à votre médecin ou à votre assurance maladie quel examen est envisageable pour vous et à partir de quel âge vous pouvez y avoir recours. A l’USZ, nous vous proposons une consultation spéciale pour le dépistage du cancer anal (consultation HPV).

Evolution et pronostic du cancer anal

Dans de nombreux cas, l’évolution du cancer anal est positive et le pronostic est favorable. Plus nous diagnostiquons le cancer anal tôt, meilleures sont les chances de guérison. Inversement, si la tumeur est déjà plus avancée, le pronostic s’aggrave. Si la tumeur maligne est encore localisée et ne s’est pas propagée, le cancer de l’anus peut être guéri dans de nombreux cas par un traitement adéquat. La plupart du temps, on mise sur la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie.

Rééducation et suivi en cas de cancer anal

Après un traitement contre le cancer, il est toujours important d’effectuer un suivi régulier. Nous essayons d’atténuer les conséquences de la maladie et du traitement du cancer ainsi que de détecter à temps une rechute (récidive). Au début, des contrôles plus rapprochés tous les trois mois sont conseillés. Ensuite, les intervalles s’allongent de plus en plus.

Une rééducation peut également être utile aux personnes atteintes d’un cancer de l’anus. C’est particulièrement vrai après une opération, une chimiothérapie ou une radiothérapie, qui peuvent laisser quelques traces physiques et psychologiques. Certaines personnes souffrent d’incontinence fécale, ont un anus artificiel ou luttent contre les conséquences de la radiothérapie.

En rééducation, vous apprenez à mieux gérer la maladie cancéreuse et les éventuelles restrictions dans la vie quotidienne et professionnelle. L’objectif est de rétablir une qualité de vie aussi bonne que possible.

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